Le financement des infrastructures en Afrique n’est plus le principal enjeu. Le véritable défi est ailleurs : transformer les capitaux disponibles en projets concrets, livrés et créateurs de valeur. Tel a été l’un des grands messages portés par Papa Amadou Sarr Directeur Général de Porteo Group, à l’occasion de son intervention sur le Forum Investir en Afrique, le 9 avril à Paris.
Les infrastructures se sont imposées comme un sujet central des discussions économiques récentes sur l’Afrique. Routes, corridors logistiques, énergie, réseaux numériques : tous les intervenants s’accordent sur leur rôle déterminant dans la transformation du continent.
Le constat est désormais partagé : les infrastructures ne sont pas seulement des actifs, elles sont un levier structurant de croissance. En facilitant les échanges, en connectant les territoires et en soutenant l’intégration régionale, elles permettent d’accélérer le développement des chaînes de valeur africaines. À ce titre, les corridors de développement apparaissent comme des priorités stratégiques, capables de démultiplier les effets économiques des investissements.
Mais derrière ce consensus, plusieurs limites ont été clairement identifiées.
La première concerne le financement. Si les besoins restent considérables, la question n’est plus uniquement celle de l’accès au capital. Des ressources existent, qu’elles soient internationales ou africaines. En revanche, le coût du capital reste élevé, notamment en raison d’une perception du risque encore défavorable au continent.
La seconde limite tient à la préparation des projets. Comme cela a été souligné par plusieurs intervenants du Forum Investir en Afrique, le manque de projets structurés et bancables constitue aujourd’hui un frein majeur à la mobilisation des investisseurs privés. Ce déficit de préparation alimente un cercle vicieux : perception de risque élevée, coût du financement accru, et in fine, ralentissement des investissements.
Dans ce contexte, un déplacement du regard s’opère progressivement :
le véritable enjeu n’est plus seulement de financer les infrastructures, mais de garantir leur réalisation effective et leur impact économique.
C’est précisément sur ce point que l’éclairage apporté par PORTEO Group apporte une perspective opérationnelle essentielle.
En tant qu’acteur panafricain intégré, le groupe met en avant un constat simple : la valeur d’un projet ne réside pas dans son financement, mais dans sa capacité à être exécuté et à générer de l’activité. Cela implique de repenser la chaîne de valeur des infrastructures, en intégrant dès l’amont les enjeux de structuration, de financement et de réalisation.
Cette approche permet non seulement de réduire le risque perçu par les investisseurs, mais aussi de transformer les infrastructures en véritables leviers de transformation territoriale. Une route, un pont ou un corridor ne prennent pleinement leur sens que lorsqu’ils facilitent les échanges, soutiennent l’activité économique et créent de l’emploi local.
Au-delà des considérations financières, cette lecture renvoie à un enjeu plus large : celui de la souveraineté économique.
Une infrastructure n’a de valeur que si elle bénéficie durablement aux territoires dans lesquels elle s’inscrit. Cela suppose un ancrage local fort et un rôle accru des acteurs africains dans la conception et l’exécution des projets.
Ainsi, si le débat sur le financement des infrastructures reste essentiel, il évolue vers une question plus structurante : comment passer de projets financés à des projets réellement transformateurs ?
Dans cette dynamique, l’émergence d’acteurs capables de relier vision stratégique, financement et exécution apparaît comme une condition clé pour accélérer la transformation économique du continent.
